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Lectures du moment

"On a lu pour vous" (2)


Roseaux, magazine féministe





Cet article fait partie du dossier "Nos conseils de livres militants".
Voilà notre deuxième sélection de lectures théoriques du moment. Certains de ses livres nous ont été envoyés par des maisons d’édition, et nous les traitons comme les autres, les critiquant quand c’est nécessaire. Tu peux trouver le reste de nos sélections et critiques de livres dans ce dossier. Retrouve les également sur les réseaux sociaux avec le #Roseauxlit.

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Sexe, genre et sexualités. Introduction à la théorie féministe
Elsa Dorlin, coll. Philosophies, PUF, 2008

Présentation : Elsa Dorlin, l’une des plus importantes philosophes féministes françaises contemporaines, réussit en à peine 150 pages à effectuer un tour d’horizon des théories féministes ayant trait au sexe, au genre, et à la sexualité. De Simone de Beauvoir à Judith Butler en passant par Monique Wittig et Sam Bourcier, elle nous présente les théories féministes les plus importantes d’un point de vue intersectionnel. Un petit livre pour s’immerger dans les théories féministes, ou pour remettre en ordre ce que l’on sait déjà.

Ce qu’on a aimé : Le fait que, malgré le petit format du livre, l’autrice prenne le temps d’expliquer chaque théorie, tout en fournissant une importante bibliographie pour qui souhaiterait aller plus loin. Même s’il est conseillé de posséder quelques connaissances en féminisme et/ou en philosophie pour être certain.e de bien tout saisir, Elsa Dorlin utilise peu de jargon, ce qui rend le livre accessible à un public plus large que ce que fait la théorie féministe en règle générale. L’autrice a également le don de réussir à expliquer de façon relativement simple les théories de féministes ayant la réputation d’être difficilement accessibles (coucou Judith Butler).

Le passage à retenir : « Il ne sera pas question ici de faire un présentation exhaustive des thématiques de ce savoir féministe contemporain – plus ou moins institutionnalisé, selon les traditions disciplinaires, universitaires, ou plus largement intellectuelles. L’angle adopté est tout aussi dépendant d’une posture philosophique que d’une position au sein de la pensée et du mouvement féministes actuels. Il s’agit donc d’un parcours possible dans les théories féministes, qui doit être compris à la fois comme un hommage à l’histoire de la pensée et du mouvement des femmes et comme une contribution à l’émergence d’une questionnement philosophique féministe.  » (p. 8)

153 pages, 13 €, ISBN : 9782130558897
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Sociologie du genre - NP

Sociologie du genre
Isabelle Clair, coll. 128, Armand Colin, 2012

Présentation : Isabelle Clair, sociologue, livre ici un ouvrage d’introduction à la sociologie du genre. Si la sociologie occupe une place importante dans le féminisme, on n’en maîtrise pas nécessairement les outils. Á travers l’évocation de grands thèmes de la sociologie et du féminisme (le travail, les salaires, le point de vue situé, la citoyenneté, le corps, le sport, la conjugalité, etc.), elle nous donne des clefs pour comprendre le rôle que la sociologie a dans le féminisme, ainsi que le rôle que le féminisme a dans la sociologie. L’ouvrage nous permet ainsi de réfléchir à nos propres vies et aux structures et normes qui nous entourent.

Ce qu’on a aimé : Cet ouvrage d’introduction est très accessible, notamment si l’on n’a pas fait d’études de sociologie. La diversité des thèmes abordés permet de brosser un portrait de notre société, et de voir comment une sociologie féministe peut participer à mieux la décrire et l’analyser. Les nombreuses références bibliographiques invitent à approfondir chacun des points abordés. S’il y a peu de jargon, la réflexion est rigoureuse et donne une place à de multiples points de vues de théoricien.ne.s.

Le passage à retenir : « Les théories du genre et leurs enquêtes obligent à voir autrement l’ordre social, à tout repenser en tenant compte de leurs résultats. Elles ne se bornent pas à montrer quelque chose qu’on avait oublié de voir, elles ne s’ajoutent pas au connu, elles participent à en transformer la perception et donc la compréhension. Interrogeant les pratiques sociales et les paradigmes scientifiques, elles n’ont d’utilité que si elles sont intégrées aux autres grilles de lecture, si leur critique est entendue et discutée sur un plan épistémologique. Elles ne sont pas une colonne de plus dans un tableau statistique, elles obligent à repenser les colonnes existantes. C’est ce qui les rend ardues, et c’est ce qui les rend intéressantes. » (p. 10)

132 pages, 9,80 €, ISBN : 9782200602840
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Un Appartement sur Uranus. Chroniques de la traversée
Paul B. Preciado, Grasset, 2019

Présentation : Préfacé brillamment par Virginie Despentes, Un Appartement sur Uranus est le recueil des chroniques de Paul B. Preciado pour Libération entre 2013 et 2018. L’auteur y revient sur sa transition, sur les grandes questions et problématiques de notre époque (l’hétéronormativité, la précarité, le sort réservé aux migrant.e.s, etc.), et mêle tout ça dans des chroniques qui font toujours écho en nous, même pour celles datant de 2013 ou 2014. Le corps (le sien, en transformation permanente, comme celui des autres) occupe une place importante au sein de l’ouvrage, et permet une réflexion sur toutes les normes constitutives de notre société. Chaque expérience de l’auteur est l’occasion d’une réflexion dépassant son expérience individuelle.

Ce qu’on a aimé : Ces chroniques – retravaillées pour le livre – fourmillent de références littéraires et artistiques ainsi que féministes. Paul B. Preciado nous invite à penser autrement, toujours plus loin, à établir des comparaisons auxquelles on n’aurait pas spontanément pensé. Á mi-chemin entre le récit autobiographique et l’essai, cet ouvrage invite les lecteur.ice.s à prendre des pauses pendant la lecture, et à réfléchir sur notre monde, à son fonctionnement aussi tragique que ridicule. L’auteur se présente comme ni homme ni femme, ni hétérosexuel ni homosexuel, ni bisexuel, mais comme “un dissident du système genre-genre”. Cette position lui permet d’observer le monde autrement et de développer une pensée tout à fait originale, même dans le milieu féministo-queer français actuel. Il est, notamment avec Sam Bourcier, l’un des penseur.se.s les plus important.e.s du queer en France aujourd’hui. Ce livre donne envie de (re)découvrir ses précédents ouvrages, mais aussi de faire la révolution, notamment la révolution du genre.

Le passage à retenir : « Nous atterrissons. Avec 250 grammes de Testostérone injectée tous les douze jours dans mon corps, la dissidence de genre a cessé d’être une théorie politique pour devenir une modalité d’incarnation. Mais ça, je préférerais ne pas avoir à l’expliquer à l’agent de la douane, qui scrute attentivement mon passeport. […] Le militaire qui me fait face est un enfant, il a encore la fragilité d’un bébé qui pleure parce qu’il a besoin de manger. […] Sa barbe, comme la mienne, commence tout juste à pousser et, comme moi, il souffre d’acnée. Mais pour passer cette douane, je ne peux pas compter sur la complicité que pourrait établir entre nous cette augmentation subtile des doses de testostérone dans notre sang. […] Depuis neuf mois, je me suis habitué à dire Paul, à répondre au nom de Paul, à me retourner quand j’entends prononcer ce nom. Mais pour le moment, il est préférable que je l’oublie. Je commence à transpirer tandis que le soldat observe mon passeport à la loupe. Il me dit “This is not you, this is a woman” et je réponds “Yes, it is me, I am a woman”. Et je me souviens avoir dit, il y a seulement quelques heures de cela, “I am a man” alors que les curateurs qui me connaissaient sous mon ancienne identité s’adressaient encore à moi au féminin. […] En sortant de la douane, je récupère mes bagages et un taxi m’attend, brandissant un carton au nom de “Paul”. De nouveau, la scène change l’énonciation. “Bonsoir, monsieur. »  » (p. 156-158)

335 pages, 21,50 €, ISBN : 9782246820666
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Les Argonautes
Maggie Nelson, trad. Jean-Michel Théroux, Editions du sous-sol, 2015

Présentation : Maggie Nelson, intellectuelle et écrivaine états-unienne, mélange et floute les frontières du genre. Les frontières du genre littéraire d’abord, en mêlant autofiction et essai au sein d’un même ouvrage, des citations de penseur.se.s important.e.s nourrissant les réflexions sur sa vie personnelle et vice versa. Les frontières du genre au sens de gender ensuite, puisque pendant que son corps se transforme au cours de sa grossesse (réalisée par PMA, d’abord encadrée médicalement, puis finalement réussie de façon artisanale), le corps de Harry se transforme grâce à la testostérone. Deux corps, deux changements radicaux, et de nombreuses interrogations : pourquoi les voit-on désormais comme un couple hétéro tout ce qu’il y a de plus classique, alors qu’avant iels étaient la queerness incarnée ? Devenir soudainement respectables, est-ce contraire à leurs convictions queers et féministes ? Comment envisage-t-on la grossesse et l’éducation d’un.e enfant dans un monde si normatif ? Comment la grossesse a-t-elle influence-t-elle la carrière de l’autrice et la façon dont on la perçoit dans son monde, le monde universitaire ?

Ce qu’on a aimé : Maggie Nelson nous rappelle que, plus que jamais, le personnel est politique. L’imbrication permanente de ses lectures philosophiques et queero-féministes fait que ce livre est inclassable : essai ? roman ? autobiographie ? autofiction ? L’important est ailleurs : l’autrice nous montre différentes sources de réflexion, différents moyens d’émancipation, différentes manières de vivre dans un monde qui n’est pas fait pour celleux qui sortent de la norme.

Le passage à retenir : « Pour des raisons qui sont presque incompréhensibles pour moi aujourd’hui, j’ai pleuré un peu quand notre premier technicien ultrasons – Raoul, si sympa et visiblement gay, qui arborait une petite broche argentée en forme de spermatozoïde sur sa veste blanche – nous a dit à vingt semaines que le bébé était un garçon, sans l’ombre d’un doute. Je pense que j’avais besoin de faire le deuil de quelque chose : le fantasme d’avoir une fille féministe, le fantasme d’une mini-moi. Quelqu’un à qui je pourrais tresser les cheveux, quelqu’un qui pourrait me servir d’alliée féminine dans cette maison habitée par un adorable petit terrier mâle, mon beau-fils ravissant et fanfaron, et une butch débonnaire sous T.
Mais ce n’était pas mon destin, ni celui de l’enfant. Moins de vingt-quatre heures après avoir appris la nouvelle, j’étais convertie. La petite Agnès serait le petit Iggy. Et je l’aimerais farouchement. Et peut-être que j’irais jusqu’à lui tresser les cheveux ! Comme tu me l’as rappelé sur le chemin du retour, après le rendez-vous : Hey, je suis née femme, et regarde ce que ç’a donné. » (p. 141)

234 pages, 19,50 €, ISBN : 9782364682900
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Le Ventre des femmes
Françoise Vergès, Albin Michel, 2017

Présentation : Dans les années 1960-1970, l’état français encourage l’avortement et la contraception dans les départements d’outre-mer alors même qu’il les interdit et les criminalise en France métropolitaine. Comment expliquer de telles disparités ?

Partant du cas emblématique de La Réunion où, en juin 1970, des milliers d’avortements et de stérilisations sans consentement pratiqués par des médecins blancs sont rendus publics, Françoise Vergès retrace la politique de gestion du ventre des femmes, stigmatisées en raison de la couleur de leur peau. Dès 1945, invoquant la « surpopulation » de ses anciennes colonies, l’état français prône le contrôle des naissances et l’organisation de l’émigration ; une politique qui le conduit à reconfigurer à plusieurs reprises l’espace de la République, provoquant un repli progressif sur l’Hexagone au détriment des outre-mer, où les abus se multiplient.

Françoise Vergès s’interroge sur les causes et les conséquences de ces reconfigurations et sur la marginalisation de la question raciale et coloniale par les mouvements féministes actifs en métropole, en particulier le MLF. En s’appuyant sur les notions de genre, de race, de classe dans une ère postcoloniale, l’autrice entend faire la lumière sur l’histoire mutilée de ces femmes, héritée d’un système esclavagiste, colonialiste et capitaliste encore largement ignoré aujourd’hui.

Ce qu’on a aimé : Un livre indispensable pour comprendre les problèmes d’hier et d’aujourd’hui du féminisme universaliste, et la continuité de la domination coloniale, même après sa fin supposée – l’indépendance de l’Algérie. Il est intéressant de retrouver dans le discours des médecins et officiels de l’époque, les mêmes éléments de langage et la même manière de penser que l’on observe aujourd’hui dans les discours d’Emmanuel Macron sur “la surpopulation des pays d’Afrique” ou dans le passé avec les campagnes de stérilisation à Porto Rico autour des années 40-50.

Les passages à retenir : « Âgée de trente-huit ans, mère de six enfants, elle a consulté pour une douleur au côté droit alors qu’elle était enceinte de trois mois. Son médecin l’a envoyée à la clinique de Saint-Benoît. Admise pour huit jours, elle y est restée quinze jours. On lui a dit qu’elle avait été opérée de l’appendicite, alors qu’en réalité elle avait été avortée et avait subi une ligature des trompes. » (p. 31)

« Avec l’invention de la décolonisation et l’effacement des outre-mer, deux nouveaux phénomènes se produisent autour de la race. S’impose d’abord un “racisme progressiste” qui permet de présenter l’empire colonial comme un don de la modernité, une invitation à des groupes exclus de la modernité à devenir enfin modernes et humains. Le racisme progressiste réécrit la relation coloniale et fait des anciens colonisés des personnes en dette. Il efface la violence et met en scène le colonialisme comme une rencontre. S’affiche également un rejet du terme “race” : l’utiliser, ce serait reconnaître l’existence de la race comme fait biologique. Même la notion de racialisation est contestée. Le racisme progressiste a apporté une légitimité à la postcolonialité républicaine qui peut abandonner le terme de “race”, tout en préservant les privilèges accordés par la colonialité. On peut alors se vanter d’être antiracistes en rejetant le racisme sur des groupes et des individus extrémistes ou se servir de l’antiracisme pour fonder “les conditions d’un nouveau discours sur la fierté blanche”. » (p. 211)

240 pages, 20 € ISBN : 9782226395252
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La crise de la masculinité — Autopsie d’un mythe tenace
Francis Dupuis-Déri, Editions Remue-Ménage, 2018

Présentation : Une crise de la masculinité, dit-on, sévit dans nos sociétés trop féminisées. Les hommes souffriraient parce que les femmes et les féministes prennent trop de place. Parmi les symptômes de cette crise, on évoque les difficultés scolaires des garçons, l’incapacité des hommes à draguer, le refus des tribunaux d’accorder la garde des enfants au père en cas de séparation, sans oublier les suicides. Pourtant, l’histoire révèle que la crise de la masculinité aurait commencé dès l’antiquité romaine et qu’elle toucherait aujourd’hui des pays aussi différents que le Canada, les États-Unis et la France, mais aussi l’Inde, Israël, le Japon et la Russie. L’homme serait-il toujours et partout en crise ?

Dans ce livre, Francis Dupuis-Déri propose une étonnante enquête sur ce discours de la « crise de la masculinité », dont il retrace l’histoire longue et ses expressions particulières selon le contexte et les catégories d’hommes en cause, notamment les « hommes blancs en colère » ainsi que les Africains-Américains et les « jeunes Arabes ». Il analyse l’émergence du « Mouvement des hommes » dans les années 1970 et du « Mouvement des droits des pères » dans les années 1990 et leurs échos dans les réseaux chrétiens et néonazis. Il se demande finalement quelle est la signification politique de cette rhétorique, qui a pour effet de susciter la pitié envers les hommes, de justifier les violences masculines contre les femmes et de discréditer le projet de l’égalité entre les sexes.

Ce qu’on a aimé : On est plus habitué.e.s à lire les écrits des personnes oppressées que ceux des dominant.e.s, ainsi il était intéressant de se pencher sur ce sujet de la masculinité et de comprendre les racines du discours masculiniste (qui, au final, est très redondant). Francis Dupuis-Déri expose à la fois les différences de traitement et de perception selon le genre des personnes, comme l’émotion que l’on perçoit lorsqu’un bébé pleure selon s’il est assigné garçon ou fille à la naissance, il y démonte les arguments masculinistes sur une symétrie de la violence des femmes et des hommes, ou des fausses plaintes pour obtenir les divorces. Dans l’annexe, on retrouve une liste d’ouvrage sur l’étude de la “crise de la masculinité” dans d’autres pays et régions du monde.

NDLR : Étant cis et blanche, il est possible que je sois passée à côté de certains choses, n’hésitez pas à nous donner votre avis pour que l’on puisse l’intégrer.

Le passage à retenir : « L’homme est en crise, dit-on, quoi que fassent ou non les femmes. L’homme est en crise si elles exigent respect, sécurité, égalité et liberté. L’homme est en crise si elles touchent un salaire. L’homme est en crise si elles sont mères et s’occupent seules des enfants. L’homme est en crise si elles sont entreprenantes sexuellement.  L’homme est en crise si elles ne lui sont pas disponibles sexuellement. Or, le féminisme appelle justement à la crise d’une société injuste et inégalitaire et c’est ce qui dérange tant les hommes. Même s’ils ne sont pas en crise, ils font des crises quand des femmes refusent le rôle de sexe qui leur est assigné, quand elles transgressent les normes de sexe, quand elles résistent et contestent. les hommes sont des crises, car ils ne supportent pas d’être contredits et contestés, de ne pas avoir ce à quoi ils pensent avoir droit, en particulier des femmes à leur service. Les hommes ne sont pas en crise, mais ils font des crises, réellement, au point de tuer des femmes. En termes de justice et d’injustice, le problème aujourd’hui n’est pas que la masculinité soit en crise, mais bien qu’elle ne le soit pas encore. Cette crise qui n’est pas encore là, les femmes l’ont trop longtemps attendue, puisque nous y avons trop longtemps résisté. Il donc temps d’arrêter de discourir sur la crise de la masculinité, et de tout faire pour qu’elle advienne, enfin. » (p. 312)

320 pages, 22 €, ISBN : 9782890915961
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