Culture Féminisme
Nos conseils de livres militants

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Sexisme




Lorsque l’on cherche à en savoir plus sur une thématique militante en particulier, on peut vite se sentir perdu·e devant le nombre de livres existants. Par où commencer ? Quels sont les classiques ? Le contenu de ce livre m’est-il accessible, ou est-ce que je ferais mieux d’y revenir plus tard, quand j’en aurai appris plus sur le sujet ? Et comment adapter tout cela à mon budget ?
Nous t’avons concocté une sélection de livres abordant plusieurs sujets et oppressions systémiques. Ils sont classés par thème puis par difficulté, et pour chacun nous t’avons mis un résumé, le prix papier et le prix Kindle. Certains livres sont disponibles gratuitement en ligne, mais tu peux soutenir la maison d’édition en question en achetant quand même le livre, si ton budget te le permet.
Nous ne sommes évidemment pas d’accord avec 100 % du contenu de chaque livre, dont nous avons déjà abordé les aspects problématiques pour certains. Si une partie des livres présentés présentent des aspects problématiques, ils restent néanmoins intéressants et pertinents concernant leurs thèmes principaux.
Si tu penses à un livre que nous n’avons pas cité, tu peux nous le dire en commentaire ! Et si tu penses qu’on s’est trompées sur un livre, par exemple au niveau de la difficulté, tu peux également nous faire signe.
Pour chaque livre, nous avons mis le lien du site leslibraires.fr, un site qui permet d’acheter des livres en ligne dans des librairies puis de se les faire livrer, et ainsi de soutenir les librairies indépendantes. Si tu achètes un livre par notre lien, cela nous permettra de gagner un petit pourcentage sur la vente et de nous soutenir dans l’achat de livres pour pouvoir faire plus articles.

 

Sexisme

 

FACILE

 

Mona Chollet : Beauté fatale

Soutiens-gorge rembourrés pour fillettes, obsession de la minceur, banalisation de la chirurgie esthétique, prescription insistante du port de la jupe comme symbole de libération : la « tyrannie du look » affirme aujourd’hui son emprise pour imposer la féminité la plus stéréotypée. Décortiquant presse féminine, discours publicitaires, blogs, séries télévisées, témoignages de mannequins et enquêtes sociologiques, Mona Chollet montre dans ce livre comment les industries du « complexe mode-beauté » travaillent à maintenir, sur un mode insidieux et séduisant, la logique sexiste au coeur de la sphère culturelle.

Sous le prétendu culte de la beauté prospère une haine de soi et de son corps, entretenue par le matraquage de normes inatteignables. Un processus d’autodévalorisation qui alimente une anxiété constante au sujet du physique en même temps qu’il condamne les femmes à ne pas savoir exister autrement que par la séduction, les enfermant dans un état de subordination permanente. En ce sens, la question du corps pourrait bien constituer la clé d’une avancée des droits des femmes sur tous les autres plans, de la lutte contre les violences à celle contre les inégalités au travail.

Kindle : 8,99€
Broché : 18,00€
Mis à disposition gratuitement par les éditions zones ici

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Virginie Despentes : King Kong théorie

En racontant pour la première fois comment elle est devenue Virginie Despentes, l’autrice de “Baise-moi” conteste les discours bien-pensants sur le viol, la prostitution, la pornographie. Manifeste pour un nouveau féminisme.

Kindle : 9,99€
Poche : 6,10€

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Virginia Woolf : une chambre à soi

Une chambre à soi rassemble une série de conférences sur le thème de la fiction et des femmes que Virginia Woolf prononça en 1928 à l’université de Cambridge. Ce vaste sujet a donné naissance à une tout autre question, celle du lieu et de l’argent, qui donne son titre à l’essai : « Une femme doit avoir de l’argent et un lieu à elle si elle veut écrire de la fiction. » A la manière d’un roman, et s’appuyant sur l’histoire littéraire, Virginia Woolf retrace ainsi le cheminement qui l’a conduite vers cette célèbre thèse, qui reste incontournable de nos jours. Chef-d’oeuvre de la littérature féministe, “Une chambre à soi” brille d’un nouvel éclat sous la plume de Marie Darrieussecq. Jouant de l’humour et de l’ironie de Virginia Woolf, cette traduction propose une remise en perspective essentielle de la question de l’écriture et des femmes au sein de la littérature contemporaine.

Kindle : 4,99€
Poche : 6,10€

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Chimamanda Ngozi Adichie : Nous sommes tous des féministes

« Partout dans le monde, la question du genre est cruciale. Alors j’aimerais aujourd’hui que nous nous mettions à rêver à un monde différent et à le préparer. Un monde plus équitable. Un monde où les hommes et les femmes seront plus heureux et plus honnêtes envers eux-mêmes. Et voici le point de départ : nous devons élever nos filles autrement. Nous devons élever nos fils autrement. » Chimamanda Ngozi Adichie aborde le sujet controversé du féminisme avec lucidité, éloquence et humour.

Kindle : 1,99€
Broché : 2€

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Benoîte Groult : Ainsi soit-elle

En tête des espèces recensées sur notre globe s’inscrit l’humaine, bien sûr, incarnée dans l’homo sapiens. De nos jours, un chœur de voix de plus en plus fortes proclame qu’il n’est pas l’unique représentant présentable de l’espèce, que sa compagne la mulier (la femme) est sapiens aussi et a le droit d’occuper une place au soleil égale à la sienne, même si par tradition il la considère comme sa « moitié ».

« La tradition, voilà le mot clef qui a servi à justifier depuis des siècles la condition des femmes ; une tradition établie par les hommes et renforcée par des lois, également conçues par les hommes. Il était fatal que le jour où les femmes prendraient conscience de cette injustice, elles se révolteraient contre le sort qui leur est fait, un sort que la vie quotidienne masque encore à quelques-unes d’entre elles, privilégiées, aveugles ou Ignorantes. » Le livre de Benoîte Groult vient à point dessiller les yeux de celles-ci ou renseigner celles-là et les hommes également afin que tous comprennent que le féminisme n’est pas une névrose ou une le mode mais une nécessité vitale, qu’« il faut enfin guérir d’être femme. Non pas d’être née femme, mais d’avoir été élevée femme dans un univers d’hommes », comme l’écrit Benoîte Groult, avant de rappeler les conditionnements de toutes sortes imposés aux femmes depuis les temps bibliques pour le seul confort et le seul bénéfice de l’autre sexe.
Une documentation solide, un humour parfois corrosif mais sou-vent réjouissant font de cet exposé sobre et objectif un des meilleurs ouvrages sur la question féminine.

Poche : 6€
Kindle : 5,5€

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MOYEN

 

 

Françoise Héritier : Masculin / Féminin (Tome 1 et Tome 2), 1996 et 2002

Tome 1 : La différence des sexes structure la pensée humaine puisqu’elle en commande les deux concepts primordiaux : l’identique et le différent. La manière dont chaque culture construit cette différence met en branle toute sa conception du monde, sa sociologie et sa biologie, comme sa cosmologie. Changer le rapport du masculin et du féminin, c’est bouleverser nos ressorts intellectuels les plus profonds, élaborés au fil des millénaires. En démontant les mécanismes de la différence, ce livre offre des solutions pour parvenir à l’égalité.

Tome 2 : Ce livre qui fait suite à Masculin/féminin I, La pensée de la différence, pose deux questions : pourquoi la hiérarchie s’est-elle greffée sur la simple différence des sexes ? Est-il envisageable de la dissoudre ? À cette double question, Françoise Héritier répond en termes anthropologiques aussi bien que politiques. Comment les hommes se sont-ils assuré le contrôle de la fécondité des femmes, ce pouvoir exorbitant d’enfanter du différent, des fils, aussi bien que de l’identique, des filles ? Comment les hommes ont-ils exploité le corps des femmes dans la prostitution et l’entretien domestique ? Comment, en retour, les femmes n’ont-elles pu commencer à se libérer que du jour où, et seulement là, les moyens de contraception leur ont permis de reprendre le contrôle de leur fécondité ? Françoise Héritier examine la possibilité de changements, certains illusoires, d’autres bien réels, et cerne les obstacles qui leur font toujours implicitement barrage. Et pourtant, ces changements ne sont-ils pas la promesse d’une société où la différence et l’asymétrie seraient le fondement, non d’une hiérarchie, mais d’une véritable harmonie ?

Poche : 10,90€

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Pierre Bourdieu : La domination masculine

La domination masculine est tellement ancrée dans nos inconscients que nous ne l’apercevons plus, tellement accordée à nos attentes que nous avons du mal à la remettre en question. La description ethnographique de la société kabyle, conservatoire de l’inconscient méditerranéen, fournit un instrument puissant pour dissoudre les évidences et explorer les structures symboliques de cet inconscient androcentrique qui survit chez les hommes et les femmes d’aujourd’hui.Mais la découverte des permanences oblige à renverser la manière habituelle de poser le problème : comment s’opère le travail historique de déshistoricisation ? Quels sont les mécanismes et les institutions, Famille, Église, École, État, qui accomplissent le travail de reproduction ? Est-il possible de les neutraliser pour libérer les forces de changement qu’ils entravent ? Pierre Bourdieu (1930-2002) Professeur de sociologie au Collège de France, il a écrit de nombreux ouvrages qui ont une influence majeure dans les sciences sociales aujourd’hui.

Kindle : 7,99€
Poche : 7,80€

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Michel Foucault : Histoire de la sexualité (3 tomes)

Tome 1 : “La volonté de savoir” : Nommé au Collège de France, Michel Foucault a entrepris, durant la fin des années soixante-dix, un cycle de cours consacré à la place de la sexualité dans la culture occidentale : l’Histoire de la sexualité, articulée en trois volumes (La volonté de savoir, L’usage des plaisirs et Le souci de soi). Il y prolonge les recherches entreprises avec L’archéologie du savoir et Surveiller et punir, mais en concentrant ses analyses sur la constellation de phénomènes que nous désignons par le ‘sexe’ et la sexualité. L’axe de cette entreprise n’est pas de s’ériger contre une ‘répression’ de la sexualité afin de la ‘libérer’, mais de montrer comment la vie sexuelle a enclenché une volonté systématique de tout savoir sur le sexe qui s’est systématisée en une ‘science de la sexualité’, laquelle, à son tour, ouvre la voie à une administration de la vie sexuelle sociale, de plus en plus présente dans notre existence. Foucault fait ainsi l’archéologie des discours sur la sexualité (littérature érotique, pratique de la confession, médecine, anthropologie, psychanalyse, théorie politique, droit, etc.) depuis le XVIIe siècle et, surtout, au XIXe, dont nous héritons jusque dans les postures récentes de libération sexuelle, l’attitude de censure et celle d’affranchissement se rencontrant finalement dans le même type de présupposé : le sexe serait cause de tous les phénomènes de notre vie comme il commanderait l’ensemble de l’existence sociale.

Tome 2 : “L’usage des plaisirs” : Dans ce deuxième volume, Foucault poursuit son enquête historique sur les sources de notre sexualité occidentale. Il a dû infléchir son projet initial pour s’intéresser aux sources antiques, grecques et surtout romaines, c’est-à-dire à la période préchrétienne où se sont élaborés les cadres et les formes essentielles de cette sexualité. La recherche se développe selon tous les aspects concernés par la sexualité et prend ainsi les dimensions d’une anthropologie générale du plaisir, qu’il s’agisse d’abord de la manière dont la morale définit les différentes modalités de ce plaisir, ou des aspects apparemment annexes et préparatoires du plaisir : la diététique, ainsi que toutes les précautions envisagées pour écarter les risques et les dangers encourus par ceux qui se livrent aux plaisirs. Mais Foucault ne néglige pas non plus l’économie de la sexualité et son inscription dans un cadre social et juridique, et il étudie le statut du mariage, ainsi que l’organisation des foyers. Enfin, l’ouvrage se conclut sur un traité d’érotique et une réflexion sur ce que serait l’amour véritable.

Tome 3 : “Le souci de soi” : Nommé au Collège de France, Michel Foucault a entrepris, durant la fin des années soixante-dix, un cycle de cours consacré à la place de la sexualité dans la culture occidentale : l’Histoire de la sexualité, articulée en trois volumes (la Volonté de savoir, L’usage des plaisirs et Le souci de soi). Il y prolonge les recherches entreprises avec L’archéologie du savoir et Surveiller et punir, mais en concentrant ses analyses sur la constellation de phénomènes que nous désignons par le « sexe » et la sexualité. L’axe de cette entreprise n’est pas de s’ériger contre une « répression » de la sexualité afin de la « libérer », mais de montrer comment la vie sexuelle a enclenché une volonté systématique de tout savoir sur le sexe qui s’est systématisée en une « science de la sexualité » laquelle, à son tour, ouvre la voie à une administration de la vie sexuelle sociale, de plus en plus présente dans notre existence. Foucault fait ainsi l’archéologie des discours sur la sexualité (littérature érotique, pratique de la confession, médecine, anthropologie, psychanalyse, théorie politique, droit, etc.) depuis le XVII siècle et, surtout, au XIXe, dont nous héritons jusque dans les postures récentes de « libération sexuelle », l’attitude de censure et celle d’affranchissement se rencontrant finalement dans le même type de présupposé : le sexe serait cause de tous les phénomènes de notre vie comme il commanderait l’ensemble de l’existence sociale

Le tome 4, “Les aveux de la chair”,  sortira le 8 février 2018 chez Gallimard.

“Les aveux de la chair”, qui paraît aujourd’hui comme le quatrième et dernier volume de L’histoire de la sexualité, est en réalité le premier auquel Michel Foucault s’était consacré après “La volonté de savoir” (1976) qui constituait l’introduction générale de l’entreprise. Il s’attachait aux règles et doctrines du christianisme élaborées du Ilème au IVème siècles par les Pères de l’Eglise. Au cours de son travail, Michel Foucault s’était persuadé que l’essentiel de ces règles et doctrines était un héritage remanié des disciplines de soi élaborées par les philosophes grecs et latins de l’Antiquité classique et tardive. C’est à leur analyse qu’il s’est courageusement appliqué, pour aboutir en 1984 à la publication simultanée de L’usage des plaisirs et du Souci de soi. L’ouvrage est donc un premier jet auquel Foucault comptait se remettre au moment de sa mort. La réunion des quatre volumes de “Dits et Ecrits” (1954-1988) publiés en 1994, puis celle des treize volumes des “Cours au Collège de France” en ont retardé l’édition et la mise au point dont s’est chargé Frédéric Gros, l’éditeur des oeuvres de Michel Foucault dans la Bibliothèque de la Pléiade. Tel quel, cet ouvrage constitue un état très élaboré de la pensée de l’auteur et peut-être le coeur même de l’entreprise, la partie à laquelle il attachait assez d’importance pour se lancer dans l’aventure.

Kindle & Poche entre 10 et 11€ pour les tomes 1 à 3,  24€ pour le quatrième.

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Elsa Dorlin : Sexe, genre et sexualités

Le sexe désigne communément le sexe biologique qui nous est assigné à la naissance (mâle ou femelle), le rôle ou le comportement sexuels qui sont censés lui correspondre (le genre), et, enfin, la sexualité. Les théories féministes s’attachent à la problématisation de ces trois acceptions mêlées du sexe. Elles travaillent à la fois sur les distinctions historiquement établies entre le sexe, le genre et la sexualité, sur leurs constructions et leurs relations. S’agit-il d’une relation de causalité : le sexe biologique détermine-t-il le genre et la sexualité ? D’une relation de simultanéité non contraignante entre le sexe biologique, d’une part, et l’identité sexuelle (de genre et de sexualité), d’autre part ? S’agit-il d’une relation de normalisation ? L’hétérosexualité reproductrice est-elle la norme légale, sociale, mais aussi médicale, à l’aune de laquelle les catégories de sexe comme de genre peuvent être déconstruites, voire contestées et bouleversées ? le présent volume porte sur les théories féministes de ces quarantes dernières années, dont la richesse et l’engagement en font l’un des champs les plus novateurs de la recherche actuelle : le féminisme marxiste, l’épistémologie ou l’éthique féministes, l’histoire et la philosophie féministes des sciences, le black feminism, le féminisme  » post-moderne  » et la théorie queer. L’ensemble de ces pensées constitue aujourd’hui un véritable champ de la philosophie contemporaine, dont on trouvera ici une introduction et une problématisation inédites en France.

Broché : 12,5€
Kindle : 10€

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Andrea Dworkin : Les femmes de droite

Militante féministe, Andrea Dworkin a voulu comprendre pourquoi des femmes rejettent le féminisme et n’hésitent pas à se montrer racistes et homophobes. Comment expliquer cet apparent paradoxe ? Dans un contexte où les femmes sont subordonnées aux hommes, les femmes de droite concluent ce qui leur paraît le marché le plus avantageux : en échange de leur conformité aux rôles traditionnels, la droite leur promet la sécurité, le respect, l’amour. Elles font donc le pari qu’il est préférable de prendre le parti du patriarcat plutôt que de combattre ce système dont la violence est trop souvent meurtrière. Mais la droite et l’antiféminisme se fondent sur le mépris des femmes et encouragent l’exploitation de leur sexualité : “ce que font les femmes de droite pour survivre au système de classes de sexe ne signifie pas qu’elles y survivront : si elles sont tuées, ce sera probablement aux mains de leur mari.” Une réflexion brutale et sans concession, qui appelle à la révolte féministe.

Broché : 26€

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Betty Friedan : La femme mystifiée

Mère au foyer devenue militante féministe à l’énergie fougueuse, l’Américaine Betty Friedan, morte samedi 4 février, le jour de ses 85 ans, a changé la société en créant dans les années 60 un mouvement qui allait se répandre des Etats-Unis dans une partie du monde. Dans le début des années 60 alors que les bouleversements en profondeur sont déjà à l’oeuvre aux Etats-Unis, notamment dans le domaine racial, son livre, « La femme mystifiée » (“The Feminine Mystique”) va servir de déclic à l’émancipation des femmes américaines. Betty Friedan identifie, dans son livre publié en 1963, ce qu’elle appelle le « problème qui n’a pas de nom » pour dénoncer la femme soumise aux tâches ménagères, cantonnée dans un rôle d’épouse et de mère. Le livre devient rapidement un succès, source de controverse et point de départ d’une vaste remise en question. Plus de quarante ans plus tard, il est toujours étudié dans les universités américaines et s’est vendu à plus de 3 millions d’exemplaires. Friedan ne s’arrête pas là et avec d’autres femmes elle fonde en 1966 l’Organisation nationale des femmes (NOW), l’équivalent de l’organisation pour la défense des Noirs (NAACP). NOW milite pour le droit à l’avortement et une multitude de revendications imposées de haute lutte : travail des femmes avec égalité des salaires, congés maternité, crèches, etc. “Messieurs, il y a une révolution qui gronde dans les cuisines américaines », avait écrit Betty Friedan, qui fut cette femme de la classe moyenne américaine des années 50, éduquée à l’université mais contrainte d’élever ses trois enfants à la maison une fois mariée. L’annonce de sa mort faisait la Une des journaux américains dimanche. « Elle a joué un rôle pivot, un rôle essentiel pour lancer la seconde vague du mouvement féministe moderne”, a déclaré au Washington Post, la présidente actuelle de NOW, Kim Gandy.

Broché : 33€

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DIFFICILE

 

Simone Beauvoir : Le deuxième sexe

« Nous commencerons par discuter les points de vue pris sur la femme par la biologie, la psychanalyse, le matérialisme historique. Nous essaierons de montrer ensuite positivement comment la « réalité féminine » s’est constituée, pourquoi la femme a été définie comme l’Autre et quelles en ont été les conséquences du point de vue des hommes. Alors nous décrirons du point de vue des femmes le monde tel qu’il leur est proposé ; et nous pourrons comprendre à quelles difficultés elles se heurtent au moment où, essayant de s’évader de la sphère qui leur a été jusqu’à présent assignée, elles prétendent participer au mitsein humain. » Simone de Beauvoir

Kindle : 9,99€
Poche : 10,5€

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Colette Guillaumin : Sexe, race et pratique du pouvoir : l’idée de nature

On imagine trop souvent que les caractères  » naturels  » (le sexe, la race, par exemple)  » tombent sous le sens « , sont des évidences inquestionnables. Tout au plus admet-on que les sociétés manipulent un peu tout cela, qu’il en résulte des différences, bonnes ou mauvaises, c’est selon… Pourtant, ne serait-ce pas déjà une manipulation que de prétendre certains caractères  » naturels  » ? Le  » naturel  » ne serait-il pas une interprétation, bref un  » artifice « , ancré dans de très particulières relations sociales où certains sont assignés à l’état d’objet ? Cet ouvrage associe la description d’une réalité matérielle quotidienne dans ses formes les plus banales (conversations de bistrot, scènes de rue, faits divers) et l’analyse précise des systèmes idéologiques qui prétendent expliquer cette réalité.

Broché : 29€

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Kate Millett : La Politique du mâle

“Si le mot « politique » est utilisé ici, dans la discussion concernant les sexes, c’est avant tout parce qu’il a l’immense avantage de souligner la véritable nature de leur situation relative, historiquement et à l’époque actuelle. Il est opportun, peut-être même obligatoire aujourd’hui, de développer une psychologie, une philosophie des relations de puissance mieux adaptées à leur objet, et qui dépassent le cadre conceptuel trop simple qu’offre notre politique traditionnelle. Peut-être même est-il impératif que nous nous préoccupions de définir une théorie de la politique traitant des relations de puissance sur des bases moins conventionnelles que celles dont nous avons l’habitude. J’ai donc jugé pertinent d’adopter, pour bases de cette définition, le contact personnel et l’interaction entre les membres de groupes bien définis et cohérents : races, castes, classes et sexes. Car c’est précisément parce que certains groupes n’ont aucune représentation dans diverses structures politiques reconnues que leur position tend à être si stable, leur soumission si continue.”

Broché : 20,5€

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Luce Irigaray : Ce sexe qui n’en est pas un

Comment parler de l’autre côté, se demanda Alice. Car, en fait de merveilles, elle avait découvert qu’elle était plus d’une, et qu’une seule langue ne pouvait signifier ce qui avait lieu entre elles. Il fallait pourtant essayer de se faire entendre. Alors, s’appliquant, elle reprit :

Que dire d’une sexualité féminine autre ? Autre que celle prescrite dans et par l’économie du pouvoir phallique. Autre que celle encore et toujours décrite – et normalisée – par la psychanalyse. Comment inventer, ou retrouver, son langage ? Comment interpréter le fonctionnement social à partir de l’exploitation des corps sexués des femmes ? Que peut être, dès lors, leur action par rapport au politique ? Doivent-elles ou non intervenir dans les institutions ? Par quel biais échapper à la culture patriarcale ? Quelles questions poser à son discours ? À ses théories ? À ses sciences ? Comment les énoncer pour qu’elles ne soient pas, à nouveau, soumises à la censure ou au refoulement ? Mais aussi : comment déjà parler femme ? En retraversant le discours dominant. En interrogeant la maîtrise des hommes. En parlant aux femmes, entre femmes.

Questions – parmi d’autres – qui s’interrogent et se répondent dans plusieurs langues, sur plusieurs tons, à plusieurs voix. Déconcertant l’uniformité d’un discours, la monotonie d’un genre, l’autocratie d’un sexe. Innombrables les désirs des femmes, et jamais réductibles à l’un ni à son multiple.

Le jour était déjà levé depuis longtemps. Une histoire n’en finissait pas d’imposer son ordre. De l’obliger à s’exposer dans une clarté un peu froide. Dans l’attente d’un autre matin, elle repassa derrière le miroir, et elle se retrouva entre elles toute(s).

Broché : 19,5€

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L’ennemi principal, tome 1 : Economie politique du patriarcat

Qui est  » l’ennemi principal «  ? Pour la féministe matérialiste qu’est Christine Delphy, il ne s’identifie ni à l’Homme – avec une majuscule -, ni aux hommes en général. Ce n’est en effet ni une essence ni un groupe naturel : c’est un système. Or ce n’est pas non plus, ou plutôt pas principalement, pour cette théoricienne qui s’inspire de Marx mais dans un parfait esprit d’hétérodoxie, le système capitaliste. L’Ennemi principal, c’est ce qu’elle a choisi d’appeler le patriarcat : à savoir un système autonome d’exploitation et de domination. Elle a entrepris depuis plus de vingt ans d’en constituer la théorie, très exactement l’économie politique du patriarcat.  » L’Ennemi principal « , c’est aussi le titre de l’article de Christine Delphy qui, publié en 1970, la première année du Mouvement de libération des femmes, marque le début d’une révolution dans la réflexion féministe. Delphy introduit l’idée totalement nouvelle du patriarcat défini comme structure sociale hiérarchique et inégalitaire, en refusant toute explication de la subordination des femmes en termes idéalistes – que ce soit sur des bases biologiques, naturalistes ou essentialistes, ou bien encore fondées sur l’idéologie ou le  » discours « . Que ce féminisme soit un matérialisme signifie que ce sont les pratiques sociales matérielles qui rendent compte de la domination patriarcale sur les femmes.

Broché : 40€

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Paola Tabet : La grande arnaque : Sexualité des femmes et échange économico-sexuel

Dans la majorité des sociétés connues, la sexualité apparaît comme un échange asymétrique et non réciproque entre hommes et femmes, une compensation masculine pour une prestation féminine, un paiement qui peut revêtir les formes les plus variées en échange d’une sexualité transformée en service. Comment se fait-il que les hommes, même plongés dans les situations les plus misérables, peuvent se payer le service sexuel d’une femme – alors que les femmes n’ont pas, sauf exception, cette possibilité.

Kindle : 15€
Broché : 20€

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Voilà, nous espérons que cette liste t’a plu, rendez vous mercredi prochain pour la prochaine liste sur l’intersectionnalité et l’anti-racisme.