Societé
Le récap' mensuel de mai
Roseaux, magazine féministe





Cet article fait partie du dossier "Les récap' mensuels".
Cette série d’articles est partie d’un double constat : il se passe beaucoup de choses en permanence, que ce soit dans la société ou dans les milieux militants, et tout le monde n’est pas au courant de tout ce qui se passe et se discute en permanence.

Nous vous proposerons donc désormais à chaque début de mois un condensé de ce qu’il s’est passé au cours du mois précédent : les scandales, les différentes affaires en cours, les avancées sociales et/ou législatives, les événements et conférences, mais également une sélection de ce qui nous a plu et nous a fait rire au cours du mois écoulé. Tout cela est classé à peu près chronologiquement, dans une perspective intersectionnelle, avec des articles récapitulant les différents sujets abordés, et complétés par d’autres articles pour poursuivre et élargir la réflexion. Bon rattrapage !

 

Amendement contre les femmes qui portent le voile

→  Lallab s’élève contre l’amendement voté au Sénat contre le port du voile des mères lors des sorties scolaires. “Le 15 mai 2019, un amendement proposé par Les Républicains qui interdirait aux mères portant un voile d’accompagner leurs enfants lors de sorties scolaires a été voté, dans le cadre du projet de loi sur « l’école de la confiance ». Alors que cet amendement est censé concerner tous les signes religieux dits « ostensibles » – Les Républicains ont exposé leur obsession islamophobe en ciblant explicitement le port du voile dans leur communiqué. Il s’agit encore une fois d’une nouvelle atteinte à la liberté et à la dignité de nos concitoyennes qui portent le voile”.  

 

→ Rejeté à l’Assemblée, il revient par le Sénat. Les sénateurs ont adopté, dans le cadre de l’examen du projet de loi sur « l’école de la confiance », un amendement LR qui vise à interdire le port du voile pour les accompagnatrices, généralement les mères des élèves, lors des sorties scolaires. Au Palais Bourbon, le député LR Eric Ciotti avait déjà tenté de faire adopter une telle mesure, défendue par une partie de la droite depuis longtemps. À lire ici.  

 

La sortie du documentaire d’Océan sur sa transition  

 

→ On le trouve sur le site de France info (vous pouvez utiliser le VPN windscribe si vous êtes hors de France).

→ A voir sur Youtube pour le voir avec des sous titres (les épisodes sont ajoutés au fur et à mesure, pour le moment il n’y que les premiers 4 épisodes en ligne.

 

 

Journée contre les LGBTphobies

Insultes, coups de poing, interdiction d’entrer : des lesbiennes racontent les agressions qu’elles ont subies. Multiplication des actes lesbophobes, libération de la parole, ou les deux ? Le chiffre révélé ce mardi par SOS Homophobies parle de lui-même : le nombre d’actes haineux envers les lesbiennes rapportés à l’association a bondi de 42 % en un an, passant de 257 actes rapportés en 2017 à 365 en 2018, soit un par jour.  

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Aujourd’hui c’est la journée de lutte contre l’homophobie et la transphobie. Ça fait un an pile que j’ai fait mon coming out public, et il y a quelques jours, après de longues démarches et attente, j’ai reçu mes nouveaux papiers d’identité. Mais contrairement à ce que beaucoup pensent, ma transition n’est pas « finie » : je dois encore changer mon numéro à la sécurité sociale, ce qui déclenchera la prise en charge de mon changement de genre à Pôle Emploi, aux impôts, cotisations etc. Avec l’angoisse, encore, que ça créé un jour des problèmes quand je demanderai ma retraite (si la retraite existe encore d’ici là !) parce que peut être, comme Hélène Hazera et tant d’autres, on ne prendra en compte que mes périodes de travail « post transition » soit l’impossibilité de toucher quoi que ce soit sans l’aide d’un.e avocat, ou l’angoisse encore de me voir refuser la prise en charge d’une éventuelle hystérectomie parce que « c’est impossible quand on est 1 à la sécu » (ce qui est faux mais n’empêche pas les problèmes). Donc à ceux qui me demande si ma transition est « finie », je réponds que les problèmes administratifs ne le sont presque jamais, quand bien même on me dit maintenant monsieur à la boulangerie sans hésiter. Je leur réponds aussi qu’une transition, la mienne en tout cas, n’est pas le voyage d’un point A à un point B bien définis, des poils et une voix grave, mais bien une part de mon identité qui ne connait pas le temps, qui a toujours été là même si je n’avais pas les moyens de la percevoir, qui sera encore là quand j’aurai une grosse barbe blanche de vieux hipster (ou pas !) et que mes 40 ans de vie sociale en tant que femme ne s’effaceront jamais, et tant mieux. Je ne peux pas faire ici tout le bilan de ce que j’ai appris et découvert depuis un an car ce serait bien trop long mais en bref, voilà ce qui me marque le plus : L’inconscience de leurs privilèges des personnes cisgenres, en particulier des hommes, en particulier des blanc.he.s, et la brutalité que produit cette inconscience. Les paradoxes liés à la transidentité : (suite dans les commentaires)

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→ Et ça tombe bien car Simonae a sorti ce mois ci un Guide pratique : “Mieux s’adresser aux personnes transgenres”.

→ Plusieurs podcasts sont sortis, à retrouver dans la catégorie podcast.  

 

Les podcasts sortis ce mois ci  

Océan filme sa transition dans L’instant M.

Louise Michel, soldate de la Commune. Militante anarchiste, institutrice aux idées féministes, Louise Michel reste l’une des figures majeures de la Commune de Paris. Cette fiction de Christine Spianti est suivie d’un entretien entre Stéphanie Duncan et Xavière Gauthier, philosophe, autrice et spécialiste de Louise Michel.

Homophobie : le sport au placard. Samedi, le quotidien sportif « l’Equipe » affiche une Une contre l’homophobie : deux joueurs de waterpolo s’embrassent, avec pour titre « Embrassez qui vous voudrez ». Avant même sa sortie, le journal « buzz » sur les réseaux sociaux, pour le meilleur et pour le pire.

Musique : les femmes s’en mêlent, c’est la valse des machos.  Un an et demi après l’affaire Weinstein qui a fait trembler le cinéma, c’est l’industrie musicale qui est aujourd’hui mise en cause.

Yoann Lemaire : médiatiser l’homophobie dans le football.  Il est l’un des premiers footballeurs français à avoir fait son coming-out. C’était il y a dix ans. Il en a fait un documentaire : « Footballeur et homo, au cœur du tabou », diffusé ce soir sur France 2.

Joël Deumier : « 2018 a été une année noire pour les personnes homosexuelles en France ».  Alors que l’association SOS Homophobie publie les chiffres de son rapport 2018, son coprésident Joël Deumier est l’invité de Mathilde Munos.

Rebondir. Comment faire lorsqu’on est submergé par la violence du réel ? Récits de femmes qui, après avoir traversé des épreuves, ont transformé leur souffrance en moyen d’action pour construire une vie nouvelle.

Homophobie : quand les victimes disent stop. Les agressions à caractère homophobe ont une nouvelle fois augmenté en 2018. « Une année noire pour les personnes LGBT » a même lancé le co-président de SOS Homophobie Joël Deumier. Aujourd’hui, les victimes prennent la parole et sont bien décidées à ne plus laisser passer ces actes homophobes.

Mon coming out. A l’occasion de la journée mondiale de lutte contre l’homophobie, la lesbophobie et la transphobie, Charlène, Florence, Thomas, Vincent racontent le jour et le moment où, enfin, ils ont osé LE dire.

→  Droits LGBT+ : de l’intime au politique. 4 épisodes sur France Culture.

Paul B. Preciado, trans-philosophe. Portrait de Paul B. Preciado, philosophe performeur plutôt que sage, et qui travaille à partir du corps, non comme objet anatomique mais comme archive politique vivante constituée d’un ensemble de représentations, et qui fait de sa vie une plateforme d’expérimentations philosophiques.  

 

On a aimé  

 

→ Cet article de Slate : “Ces hommes incapables d’entendre un « non » féminin, ou la culture de l’insistance

Wakako Fukuda, la militante féministe japonaise qu’on essaie de faire taire. À 25 ans, Wakako Fukuda est une activiste chevronnée. Figure du mouvement étudiant démocratique Sealds qui a mobilisé des milliers de jeunes Japonais·es dans tout l’archipel, elle se bat aujourd’hui pour le droit des femmes et affronte chaque jour des menaces.

→ 5 astuces pour avoir une cuisine low impact à lire sur Simonae. “Vous vous lancez dans l’aventure zéro déchet ou tout simplement êtes concerné·e par l’impact que nous avons sur l’environnement ? Cet article est pour vous ! Comment rendre sa cuisine plus écolo-friendly sans pour autant se ruiner en temps et en argent : on vous dit tout.”

A majority in Brazil’s Supreme Court has voted in favour of making homophobia and transphobia crimes. Six out of 11 judges voted to consider discrimination against gays and transgender people. The decision will give the community, which suffers constant attacks, real protection, activists say. At least 141 LGBT people have been killed in Brazil this year, according to rights group Grupo Gay da Bahia.

Indya Moore, star de Pose, première personne trans’ en Une de ELLE US

→  Le modèle noir : une opération de pacification.  L’association « Décoloniser les arts » a organisé une visite de groupe guidée le 18 avril de l’exposition Le Modèle noir de Géricault à Matisse au Musée d’Orsay. Ci-dessous des textes de Gerty Dambury, Raphaële Mousset Diamond, Marina Monmirel et Françoise Vergès à la suite de cette visite, à propos de tableaux qui les ont particulièrement frappées, et/ou de l’exposition dans son ensemble.

→  La socialisation comme théorie du genre incomplète : une critique du matérialisme réductif. La façon exacte par laquelle un sujet individuel se retrouve à avoir un genre est une question centrale pour les féministes de gauche. La dé-naturalisation et la démystification du genre a longtemps été un projet du féminisme radical. Révéler le genre comme un phénomène accidentel et historiquement émergent est nécessaire pour comprendre et combattre l’oppression du genre.  

→ Les Détricoteuses. L’antisémitisme de proximité, saisi par la « micro-histoire »  

 

 

Put down the self-help books. Resilience is not a DIY endeavour. Michael Ungar is the Canada Research Chair in Child, Family and Community Resilience, a professor of social work at Dalhousie University and a family therapist. He is the author of more than a dozen books, including Change Your World : The Science of Resilience and the True Path to Success, from which this essay is adapted.  

Audre Lorde : le savoir des opprimées. Elle se disait poétesse, guerrière, socialiste et survivante d’un cancer du sein ; elle s’avançait contre la « haine virulente dirigée contre toutes les femmes, les personnes de couleur, les gays et les lesbiennes, les pauvres ». Née à New York en 1934, Audre Lorde est l’une des voix majeures de la pensée critique afro-américaine. Disparue en 1992 d’un second cancer, c’est une dizaine d’ouvrages, en prose comme en vers, qu’elle laisse derrière elle pour enjoindre, ou aider, à affronter le racisme, le sexisme, l’homophobie et le capitalisme.  

Don’t We Hurt Like You?Examining the Lack of Portrayals of African American Women and Mental Health. Hannah Horvath (Lena Dunham) on Girls can’t stop counting because of her OCD. CIA officer Carrie Mathison (Claire Danes) precariously manages her bipolar disorder on Homeland. Toni Collette plays an artist, mother, and wife who must cope with her dissociative identity disorder in United States of Tara. Increasingly, we’re seeing more women onscreen dealing with mental illness, often in ways that treat their disorder as just one element in a fully human, complex character. But all of these women are white. Women of color—specifically African American women—are not afforded the same type of humanity onscreen, if they’re even represented at all.  

→ Comment aider une personne qui a le SED et/ou un TAG

 

 

How to make Pride truly accessible ? Held every June to honor the legacy of the LGBTQ movement and the event that started it all, the 1969 Stonewall riots, Pride is a season to celebrate resilience, resistance and the vast spectrum of sexual and gender diversity. However, Pride events, which often consist of parties at gay bars and a big parade, remain incredibly inaccessible to disabled, deaf or hard-of-hearing, blind, neurodiverse (neurologically atypical, including those on the autism spectrum) and people with intellectual or developmental disabilities, and little has been done to make them more inclusive.  

 « Nous sommes une vague qui ne va pas s’arrêter ! ». Le 8 août 2018, le projet de loi sur la légalisation de l’avortement en Argentine est débattu au Sénat. Au mois de juin, il a été voté favorablement par les député·e·s, grande première dans l’histoire du féminisme argentin. Plusieurs milliers de personnes sont rassemblées autour du Palais du Congrès de la Nation, retiennent leur souffle, croisent leurs doigts, dans l’espoir que les sénateur·ice·s récompensent leurs longues années de lutte. La Campaña Nacional por el Derecho al Aborto Libre, Seguro y Gratuito[1] présente inlassablement de 2005 un projet de loi pour légaliser l’avortement. Les féministes n’ont jamais été aussi près du but.

Ce que James Baldwin nous apprend du racisme français. Il est temps de penser le racisme à la française, de raconter son histoire, de déchiffrer ses codes et d’analyser ses concepts afin de ne plus transmettre l’ignorance volontaire.  

Dear straight allies, please don’t come to pride until you’ve understood these 6 things.  

→  « Il faut rappeler que la transidentité n’est pas une pathologie ». Pour « Libération », le psychologue Tom Reucher décrypte la décision de l’OMS de ne plus considérer la transidentité comme un « trouble mental ». Une révision souhaitée de longue date par les activistes trans.  

The intersectionality wars. When Kimberlé Crenshaw coined the term 30 years ago, it was a relatively obscure legal concept. Then it went viral.  

Self-care isn’t enough. We need community care to thrive.  

 

On a pas aimé  

 

La stratégie des conservateurs américains pour interdire l’avortement. Pourquoi de plus en plus d’États américains votent-ils des lois anti-avortement alors que l’IVG est autorisée au niveau fédéral ? L’idée est de pousser la Cour suprême à revenir sur cette liberté.  

Des lycéens interpellés à Mantes-la-Jolie témoignent : “Ce qu’a fait la police n’est pas normal”.  Le 6 décembre 2018, en marge d’une manifestation lycéenne, 152 jeunes étaient interpellés à Mantes-la-Jolie. Après le scandale provoqué par la vidéo de ces jeunes gens, agenouillés avec les mains sur la tête, l’IGPN commence a en auditionner certains. Deux d’entre eux, ainsi que leurs mamans, témoignent de leurs traumatismes.  

La communauté LGBT+ méritait mieux que « Les Crevettes pailletées ». La promesse d’une comédie moderne sur une bande d’hommes gays donnait envie. C’est raté.  

Gilets jaunes, une répression d’état : le docu de StreetPress sur les violences policières est en libre-accès  

“Ras-le-bol” du sexisme dans la communauté LGBT.  Ce mardi 21 mai, huit femmes signent une lettre ouverte dans “Têtu” à destination de leurs “camarades militants gay” pour dénoncer le sexisme qui règne dans cette communauté. Un constat partagé par de nombreuses militantes.  

→  Why is Brussels so white ? The EU’s race problem that no one talks about. Migrants, minorities and people of colour are almost absent from Thursday’s list of prospective MEPs

 

 



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