Féminisme Racisme Validisme
Sélection de podcasts militants pour ambiancer ton hiver 2/2

Racisme, sexisme & validisme




N.B. : évidemment aucun podcast n’est parfait. Il y a des des propos qui ne sont pas safe, des réflexions qui nous semblent parfois trop simplistes et/ou avec lesquelles nous ne sommes pas d’accord. Mais tous les podcasts présentés ici nous ont beaucoup plu dans leur globalité.

N.B. bis : sur certains sujets il existe très peu d’émissions et de podcasts. N’hésites pas à nous dire en commentaire si tu as trouvé la perle rare, nous nous ferons une joie de compléter la liste !

C’est l’hiver, il fait froid, la nuit tombe tôt, tu n’as envie de rien à part de ton plaid et d’un bon thermos de thé. Mais tu veux quand même continuer à apprendre des choses en passant un bon moment ? On s’occupe de tout.
Chez Roseaux on adore les podcasts : on les écoute au boulot, dans les transports en commun, dans la rue, en cuisinant. On s’envoie en permanence ceux qu’on trouve les plus intéressants, alors on s’est dit qu’on allait en faire profiter plus de monde !

 

Pourquoi le format du podcast ? C’est d’abord un format très pratique, pour les personnes entendantes, que tu peux emmener partout avec toi. Mais c’est aussi et surtout une base de données assez incroyable : on y entend des témoignages, des réflexions, des conseils de lecture ou de films et de séries, le tout souvent accompagné de (très) bonne musique. Le bonus : pour chaque podcast ou presque, tu trouveras une bibliographie assez riche, contenant aussi bien les ouvrages cités pendant le podcast que des conseils pour aller plus loin.

Pour découvrir de nouveaux horizons, nous vous proposons également quelques podcasts en allemand et en anglais : ils permettent d’en apprendre plus sur la culture, d’un point de vue militant, des pays germanophones et anglophones, et ils permettent de voir quelles sont les différences et les similitudes avec la situation française. De quoi nourrir encore plus ta réflexion !

Attention, on préfère te prévenir : on devient très vite accroché⋅e aux podcasts !
Dans la liste de ce mois-ci, des podcasts sur le racisme, sexisme et validisme.  Le mois dernier, nous vous avions proposé des podcasts sur la grossophobie et les thématiques LGBTQ+.

 

RACISME

Le tchip

Un podcast qui sort sur le site d’arte radio, un jeudi sur deux, animé par trois personnes d’origine antillaise et africaine (par Le Paris Noir, Foulac et Mélanie Wanga, qui produit aussi “Quoi de meuf”) qui parle culture, actualité, quotidien et de leurs expériences en tant que noir-e-s. On vous recommande particulièrement les épisodes 5 et 7 (“Nola chérie” et “Au pays de Candia”). Dans ce dernier (7), Le tchip invite Marie Dasylva qui a monté une entreprise pour aider les femmes racisées dans leur vie professionnelle, et c’est très très cool.

 

Piiiiment

Un podcast qui sort un samedi sur deux, sur Rinse, traitant de plein de sujets comme les normes monogames, le colorisme, l’humilité attendue des afrodescendant-e-s, les privilèges, l’actualité. Mention spéciale pour les chansons à l’intérieur des podcasts qui sont top.

On vous recommande notamment l’épisode 9, consacré à la monogamie en tant que norme toxique.

 

Noir pas black (sur Arte Radio)

“Guerric et Amandine sont noirs et ils n’aiment pas trop qu’on les appelle « black « . Né comme elleux dans les années 80, l’anglicisme « black » est censé désigner les personnes noires en France. Derrière son masque cool et funky, le mot cache un vrai malaise dénoncé ici avec humour et des extraits salés.”

 

The why

Un podcast qui aborde un grand nombre de thématiques : la masculinité toxique, l’appropriation culturelle, la représentation des Noir.e.s au cinéma, la diaspora, et Harry Potter ! Petit bémol cependant : l’animateur a tendance à faire pas mal de mansplaining et manterrupting face à l’animatrice.

 

Nous et les autres de Slate

Un podcast en trois épisodes, en partenariat avec le musée de l’Homme et l’exposition “Nous et les autres, des préjugés au racisme” qui s’est achevée le 08 janvier à Paris. Ce podcast décortique, en trois parties, différents aspects du racisme : le racisme au quotidien, la dépossession de soi, et le mensonge. Si tu es une personne racisée, et particulièrement une femme racisée, ces témoignages et réflexions risquent de vraiment faire écho en toi.

 

Exhale

Deux femmes noires parlent bien-être, santé, sexualité, vie professionnelle, et c’est plutôt rare d’aborder ces sujets concernant les femmes noires. On est susceptible de se reconnaître et de se retrouver dans beaucoup des réflexions formulées.

 

Cases rebelles

“Cases Rebelles est un collectif noir militant, créé en France en 2010. Nous participons/co-organisons des évènements politiques et culturels, nous produisons des articles, ainsi qu’une émission web-radio mensuelle autour des histoires, cultures et luttes des peuples noirs. Nos activités se fondent sur réflexions et luttes contre toutes les formes de domination, dans une perspective afrocentrée et panafricaine que nous nommons PanAfroRévolutionnaire.”

On vous conseille également de jeter un coup d’œil au reste du site, qui propose des articles très intéressants, notamment concernant le colonialisme, l’intersection entre queer et racisé.e, la question animale, l’intersection entre santé et racisé.e, etc.

 

Black Studies” dans l’émission “La Fabrique de l’Histoire” sur France Culture

Quatre émissions qui permettent d’en apprendre plus sur l’émergence et la constitution du mouvement afro-américain.

1/4, “L’art et la race” : “Aujourd’hui nous parlons des relations entre arts et race et notamment de la représentation des Noirs dans la peinture du XVIIIe siècle. En deuxième partie d’émission nous essayons de comprendre comment le mouvement des Black Panthers a influencé le répertoire d’action des autres minorités états-uniennes.”

2/4, “Fire ! Harlem 1926” : “Autour de Langston Hughes et de Wallace Thurman, les auteurs de Fire ! inventent le manifeste acide de leur génération : être jeune artiste et noir,  la sexualité, le travail, les conflits de génération et la relation aux Blanc-he-s apparaissent au fil des pages dans les dessins, les pièces de théâtre, les critiques, les nouvelles, les poèmes  et les essais rassemblés dans cette revue éphémère, une parenthèse de liberté pourtant  vite refermée.”

3/4, “Le festival panafricain de 1969 à Alger” : “Aujourd’hui, avec deux historiennes, nous parlons du Festival Panafricain d’Alger en 1969. Le Festival a lieu seulement sept ans après la décolonisation et se déroule dans un contexte politique africain assez agité. Alors que les pays africains luttent pour leur indépendance, un festival voit le jour en 1969, artistique et éminemment politique. Une deuxième édition s’est déroulé en 2009. Une édition, celle de 1969,  presque révolutionnaire à laquelle même des représentants des Black Panthers américains ont participé.”

4/4, “Des Black Studies en Europe ?” : “Alors que les études consacrées aux Noir-e-s sont solidement instituées outre-Atlantique, un groupe de chercheur-se- européen-ne-s s’interroge sur la pertinence de s’inspirer de ces expériences américaines pour construire les recherches en sciences sociales sur les Noir-e-s d’Europe.”

 

Une série d’émissions consacrée l’année 1958 en Algérie, en plein pendant la guerre donc, dans « La Fabrique de l’histoire » sur France Culture

1/4, « Le réformisme colonial en Algérie, des origines jusqu’au plan de Constantine » : « Cette semaine nous parlerons de la guerre d’Algérie et plus précisément de l’année 1958. Nous commençons ce matin avec la question du réformisme colonial. Aujourd’hui en compagnie de deux historiens nous parlerons du réformisme colonial des origines jusqu’au plan de Constantine. L’année 1958 est en effet marquée par le retour au pouvoir du Général De Gaulle et par l’annonce, en octobre, d’un plan de cinq ans pour le développement économique et social en Algérie. »

2/4, « Des femmes au service de la formation des jeunes filles dans la guerre d’Algérie » : « Le SFJA, Service de formation des jeunes en Algérie, est créé entre la crise du 13 mai 1958 et l’annonce par De Gaulle à Constantine du lancement d’un plan de développement économique et social en Algérie.  »

3/4, « Le FLN et l’internationalisation de la guerre » : « Aujourd’hui nous parlons du FLN et de l’internationalisation de la guerre, en compagnie de deux historiennes. »

4/4, « Armée et politique » : « Quatrième et dernier temps de notre semaine consacrée à la guerre d’Algérie et à l’année 1958. En compagnie de trois historiens nous parlons aujourd’hui de l’armée et de la guerre. »

 

Une série d’émissions consacrée à l’écrivaine Maryse Condé, dans « La compagnie des auteurs » sur France Culture, dont l’œuvre aborde beaucoup la question du racisme

1/4, Une voix singulière : « Elle est une des grandes voix de la littérature française actuelle. A 81 ans, Maryse Condé nous a offert une œuvre riche et multiple, traversant les genres littéraires et les continents. Avec Françoise Vergès, nous revenons sur le parcours singulier d’une auteure insaisissable. »

2/4 , « Quelqu’un qui cherche et qui se cherche » : « Son parcours personnel traverse trois continents, l’Europe, l’Afrique et l’Amérique. Dans son œuvre, se reflètent les déceptions, les découvertes, les explorations de ces espaces. Avec Françoise Pfaff nous évoquons le parcours d’une femme en perpétuelle recherche. »

3/4, « En Maryse Condé » : « Maryse Condé entretient des rapports paradoxaux, oscillant entre admiration et rejet, avec les grandes figures de la francophonie, telles que Césaire, Glissant ou Fanon. Refusant perpétuellement les assignations littéraires et les lectures politiques, elle affirme ne parler que par et pour elle-même. »

4/4, « Un principe d’ironie » : « Si son œuvre s’empare de thématiques clivantes, Maryse Condé a toujours déclaré ne pas être une écrivaine engagée. Face aux nombreuses lectures politiques de son travail, elle réaffirme dans ses derniers ouvrages la dimension éminemment personnelle de son propos. »

 

Certains épisodes de La Poudre

Voir plus de détail plus bas dans la catégorie sexisme. Avec les épisodes sur Sarah Zouak, Amandine Gay ou Grace Ly par exemple.

 

« Ne nous libérez pas, on s’en charge » de Grande traversée : Women’s power, les nouveaux féminismes par Charlotte Bienaimé

« Conceptualisée en 1989 par l’universitaire féministe américaine Kimberlé Crenshaw, l’intersectionnalité étudie les formes de domination et de discrimination dans les liens qui se nouent entre elles. Kimberlé Crenshaw a entamé cette réflexion dans la lignée du courant du black feminism aux Etats Unis qui définit la domination de genre sans jamais l’isoler des autres rapports de pouvoir à commencer par le racisme ou le rapport de classe. Les féministes noires, dans les années soixante-dix, contestaient déjà publiquement le féminisme du mouvement de libération des femmes comme issu des classes moyennes supérieures, basé sur des privilèges de race et de classe. Elles les accusaient de parler pour les autres, et en leur nom.

En France, aujourd’hui, cette question fait débat entre féministes universalistes et féministes post-coloniales. Les unes défendent l’unité du féminisme, les autres la nécessité de prendre en compte la diversité des expériences face au sexisme.

En effet, depuis quelques années, une forte communauté de jeunes féministes afrodescendantes, noires ou maghrébines, s’est constitué sur Tweeter et Facebook. La plupart d’entres-elles créent aussi des collectifs, sont présentes dans les manifestations, se rencontrent, s’organisent. Toutes prônent un féminisme intersectionnel, interrogent le féminisme majoritaire et réinventent une lutte à leur image.

Alors, faut-il repenser le « Nous », de « nous les femmes » ? Quel serait le visage d’un féminisme intersectionnel, post-colonial en France ? »

 

Conférence à propos d’Ouvrir la voix (Amandine Gay)
Ouvrir La Voix : le documentaire, œuvre d’émancipation et archive afroféministe.

La création est un des outils disponibles afin de se réapproprier la narration et affirmer sa subjectivité, dans ce cas précis, celle d’un universel mélaniné. De surcroît, au-delà des enjeux de représentativité et de décolonisation des imaginaires, se dessinent plusieurs thématiques centrales dans les luttes de groupes marginalisés qui n’ont pas toujours les moyens de laisser des traces de leur présence et de leurs luttes, disparaissant ainsi en premier des récits historiques. Ouvrir La Voix n’aurait jamais vu le jour à l’ère de la pellicule, ou en l’absence des réseaux sociaux, c’est donc la question de la réappropriation des moyens de production qui traversera aussi cette présentation.

Raconter son histoire en pensant à celles qui nous ont précédé, pour que les suivantes n’aient pas à perpétuellement recommencer de zéro. Ouvrir La Voix et le champ des possibles et affirmer une fois de plus que notre existence est déjà une forme de résistance.”

Amandine Gay a présenté son film à l’université de Caen le 17 janvier et a parlé pendant une heure du rapport entre racisme, émancipation et art, et des influences intellectuelles et artistiques. C’est passionnant, et la réalisatrice ouvre de nombreuses pistes de réflexion.

 

« Crépue« , un reportage diffusé sur France Culture dans « Les pieds sur terre »

« En France, de nos jours, pour de nombreuses femmes noires, assumer ses cheveux crépus est un long cheminement. Entre acceptation de soi, racisme larvé et malgré la pression des canons et normes esthétiques blancs, certaines font le choix de laisser leurs cheveux naturels. »

 

« Une famille (algérienne) de France« , dans « La suite dans les idées » sur France Culture

« Par une très singulière enquête au long cours, le sociologue Stéphane Beaud a retracé les parcours des membres d’une famille d’origine algérienne installée en France dans les années 70. « La famille Belhoumi » se lit comme un roman, l’histoire chorale d’une immigration ordinaire.

En sortant d’un débat sur l’insertion professionnelle auquel il participait par une belle soirée de juin 2012 pour fêter l’anniversaire de la mission locale pour l’emploi d’une commune de la banlieue nord de Paris, Stéphane Beaud n’imaginait pas un seul instant qu’il démarrait là l’une de ces enquêtes qui marquent une vie de sociologue, et se traduit in fine par un ouvrage décisif de sa bibliographie – un texte qui se donne d’emblée à lire comme un classique de la discipline.

Ce que ne savait pas non plus Stéphane Beaud, c’est la manière dont cette enquête au long cours allait se trouver percutée par l’actualité dramatique des attentats qui ont frappé la France quelques années plus tard. En seconde partie d’émission, il est rejoint par la journaliste Faïza Zerouala, spécialiste des questions d’éducation. »

Une émission passionnante, et qui fera nécessairement écho en vous si vous êtes issu.e.s d’une famille immigrée du Maghreb !

 

 

Sexisme

 

C’est tout meuf

 

C’est tout meuf est un podcast court qui parle cul, de manière décomplexée, et ça fait du bien. On y parle règles, porno, taille de chatte, masturbation comme on aimerait en parler entre potes.

Un bémol cependant : la réflexion est ciscentrée.

 

La Poudre

La Poudre est un podcast où Lauren Bastide reçoit des femmes inspirantes pour parler de leur vie et de leurs engagements,. Un nouvel épisode sort un jeudi sur deux.

A Roseaux on a notamment eu des coups de cœur pour les épisodes accueillant Amandine Gay, OcéaneRoseMarie, Ovidie et Sarah Zouak, mais on vous les recommande vraiment tous.

 

Quoi de meuf

Quoi de meuf est un tout nouveau podcast, tiré de la newsletter éponyme, pour le moment cinq épisodes sont sortis. On y parle entre autres des sorcières, de littérature jeunesse féministe, etc. Le fait qu’une des deux animatrices soit afrodescendante permet que les sujets soient souvent abordés dans une perspective intersectionnelle.

 

Grande traversée : Women’s power, les nouveaux féminismes

“Une cartographie des luttes et des pensées féministes, sur le terrain, dans les universités, en politique et sur internet, pour comprendre les acquis et le enjeux d’avenir d’un mouvement, pluriel, vivant et métissé, situé au cœur des transformations sociales que nous vivons.”

Une série de plusieurs podcasts sur France culture sorti l’année dernière et super cool. Parmi les invité.e.s et intervenant.e.s de qualité, on citera notamment Paye ta shnek, le collectif Féministes contre le cyberharcèlement, Marie-Hélène Lahaye du blog Marie accouche-là, le collectif Prenons la une, l’historienne Michelle Perrot et la réalisatrice Amandine Gay.

 

Un podcast à soi

“Féminismes, genre, égalité : tous les premiers mercredis du mois, « Un podcast à soi » mêle documentaires et entretiens, récits intimes et paroles d’expert.e.s, textes inspirants et réflexions personnelles, pour évoquer les questions de société liées à l’égalité entre les femmes et les hommes. Travail, éducation, santé, écologie, sport, parentalités, sexualités, violences, discriminations… Charlotte Bienaimé invite à la réflexion sur un enjeu de société majeur.”

Il y a actuellement 4 podcasts, dont le premier sur le sexisme au travail, assez dur à écouter, mais bien. Il y en a également un sur la grossophobie listé au dessus, et le dernier sur le travail domestique et la charge mentale dans le couple.

 

Parlons des règles sans se pincer le nez

“Syndrome prémenstruel, choc toxique, taxe rose, … Bienvenue dans le monde merveilleux du sang des femmes. Comme Voldemort, on ne prononce pas leur nom, et on pouffe parfois en disant « j’ai mes coquelicots ». Et si on parlait enfin de nos menstruations sans rougir et qu’on appelait une chatte une vulve ?”

C’est un chouette podcast, mais c’est souvent ciscentré. Nadia Daam invite  Cluny, autrice du blog les flux de Clu.

 

Une série d’émissions consacrée au « sexe comme objet – savoirs et sexualité », dans « LSD, La Série Documentaire », sur France Culture

1/4, « A quoi servent les Porn Studies ? Le porno à bras le corps » : « De quels savoirs la sexualité est-elle l’objet ? Comment connaître, soigner, enseigner le sexe ? Quels chercheur-se-s, de quelles disciplines explorent ce continent noir ? Et quelles connaissances objectives produisent-iels pour contrer les mythes et tabous en tous genres qui entourent la sexualité humaine ? Entre volonté de savoir, courage scientifique et transgressions salutaires, le récit d’aventures savantes et d’entreprises de connaissance autour de la sexualité. Comment les universitaires qui s’intéressent en France à ces questions mènent-iels leurs travaux, quelles difficultés rencontrent-iels et quelles questions se posent-iels ? Quels outils critiques, intellectuels et politiques nous offrent-iels ? »

2/4, « Enquêter sur les pratiques sexuelles, une aventure scientifiques au temps du sida » : « En 1989, l’épidémie du sida est déclarée. L’agence nationale de recherche contre le sida lance une enquête sur l’analyse des comportements sexuels en France. Parmi les slogans de l’association Act up : « Silence=mort » ou encore « Le savoir est une arme ». En 1989, dans l’urgence sanitaire que déclenche l’épidémie de sida, le ministère de la Santé lance une enquête scientifique multidisciplinaire, une immense collecte de données qui portera sur 20 000 personnes. Nom de code : ACSF,  analyse des comportements sexuels en France. Connaître et comprendre les pratiques sexuelles réelles pour lutter contre la maladie. Retour sur cette aventure scientifique au temps du sida. »

3/4, « Le petit comprimé qui a changé la face du monde, une histoire scientifique de la pilule » : « L’histoire commence en 1950 à Manhattan. Margaret Sanger, légende du féminisme américain, pionnière du Birth Control et fondatrice des premières cliniques de planification familiale américaines rend visite au professeur Gregory Goodwin Pincus. Biologiste à la réputation sulfureuse, il travaille sur la reproduction in vitro des lapins et les hormones sexuelles. C’est à lui, que Margaret Sanger demande de mettre au point un moyen de contraception peu onéreux, pratique et infaillible, de préférence une pilule. Pincus relève le défi. »

4/4, « Sexe, mensonges et grandes questions : quelques séances d’éducation sexuelle au lycée » : « Le lycée Louise Michel à Bobigny, en Seine-Saint-Denis est classé en zone d’éducation prioritaire. Il a un atelier théâtre, un jardin potager pédagogique, et – plus original – un projet sexualité. Des enseignant-e-s de Lettres et de Sciences ont fondé un collectif. Mot d’ordre : prendre enfin au sérieux l’éducation à la sexualité. Comment font-iels avec les questions improbables, le choc des générations, les rires gênés, les fausses pudeurs, les vrais tabous ? Et qu’en disent leurs élèves, ces jeunes gens de 15 à 19 ans, qui manœuvrent tant que bien mal entre leur culture familiale, les injonctions du quartier, les vieux schémas de la domination masculine et les messages ultra-contemporains ? »

 

Education : sortir les femmes de l’ombre, dans “Rue des écoles” sur France Culture

“Comment donner davantage de place aux figures féminines dans le récit commun et les programmes scolaires ?

Les programmes scolaires, la littérature jeunesse et la fiction en général continuent à minorer la place des figures féminines. De fait, les femmes sont encore parfois tout simplement ignorées par les éducateurs et l’école, c’est ce que leur absence de listes d’auteurs proposés au bac français montre régulièrement. Il faut, il faudra encore et encore rappeler quels enjeux éducatifs s’attachent à l’objectif de mixité dans les programmes et le récit commun. Et puis, surtout, comment atteindre ce but ? Comment changer ? C’est un travail intellectuel, savant, historique, littéraire et artistique, un travail passionnant et complexe qui s’engage en ce moment dans et pour l’éducation.”

 

Que savons-nous des femmes de la Préhistoire ? dans “La Conversation scientifique” sur France Culture

“Que savons-nous des femmes de la Préhistoire ? Furent-elles reines, déesses, matriarches ou bien passives, sempiternellement traînées par les cheveux, exploitées et dominées ? Ont-elles changé au cours des millénaires dans leur apparence physique, dans leurs attitudes et leurs gestes, leurs rôles et leurs statuts sociaux, et dans leurs rapports aux hommes ?”

Claudine Cohen, directrice d’Etude à l ‘EHESS et à l’EPHE, où elle enseigne l’histoire et la philosophie des sciences, et autrice de Femmes de la Préhistoire (Belin, octobre 2016), démonte les mythes sur les femmes de la Préhistoire, et ça fait du bien !

 

Le journalisme selon Séverine : ‘Ce que je vais faire maintenant c’est l’école buissonnière de la révolution dans “Les Nuits de France Culture”

Une émission en hommage à Séverine était diffusée en avril 1955. La journaliste qui lutta toute sa vie contre l’iniquité et la misère avait acquis à la fin du 19ème siècle un renom universel. A l’occasion du centenaire de sa naissance, lectures et témoignages retraçaient sa vie.

Ses deux petites filles Jeanne Witta et Denise Chanal racontaient son combat comme journaliste contre l’injustice sociale. Jacques Prévert lisait quelques fragments des articles écrits par Séverine aux moments des accidents de Mines à Saint-Étienne, ainsi que des textes sur des grèves et revendications ouvrières de l’époque.

L’émission datant de 1955, certains propos considérés à l’époque comme élogieux sont en fait totalement sexistes. Mais l’émission a le mérite de nous présenter une femme extraordinaire et inspirante, qui s’est battue contre le sexisme, et contre la pauvreté et la précarité au côtés des opprimé·e·s.

« Japon (3/4) : Les femmes japonaises, tradition, modernité et féminisme« , dans « La Fabrique de l’histoire » sur France Culture

« Dans cette émission d’archives, nous reviendrons sur la place des femmes et le féminisme japonais. Nous évoquerons également la revue Seitô créée en 1911. Quel rôle a joué l’introduction du mariage à l’occidentale à la fin du XIX e siècle au Japon ? Comment la comparaison entre condition des femmes en Europe et au Japon a-t-elle été perçue dans les premières années du XX e siècle ? Comment le féminisme des années 1970 a-t-il été vécu ? »

Cette émission a été pour nous à la fois une grande découverte et un coup de cœur : elle nous a permis de découvrir les débuts du féminisme au Japon, c’est vraiment passionnant et ça donne envie de creuser le sujet !

 

Dans d’autres langues

Stuff Mom Never Told You

« SMNTY » est une mine d’or. Les deux animatrices abordent des sujets très variés dans une perspective féministe intersectionnelle. On y trouve des dizaines et des dizaines d’épisodes, par exemple sur la contraception, le genre, la littérature, la psychologie, etc. Il y a aussi des épisodes qui abordent l’histoire et les théories du féminisme, idéal quand on veut en savoir plus sur le sujet ! On vous conseille d’aller faire un tour dans les différentes catégories, étant donné le choix proposé vous y trouverez nécessairement votre bonheur !

 

Lilapodcast

Un podcast en allemand qui existe depuis 2013, qui sort un jeudi sur deux, et qui traite en une heure de sujets d’actualité avec le prisme du genre et du féminisme, et de sujets en particulier. Les trois fondatrices, qui sont journalistes, autrices, animatrices radio, sont rejointes de temps en temps par des invité.e.s intéressant.e.s qui apportent leur propre point de vue au débat.

On vous recommande entre autres l’épisode sur l’antisémitisme dans le féminisme, celui portant sur la normalité et sur l’écriture inclusive, avec notamment la chanteuse de slam Ninia LaGrande, et celui sur les Women’s Marches aux Etats-Unis et sur la journée du 08 mars en Allemagne (journée internationale de lutte pour les droits des femmes).

 

Feuer und Brot

Depuis presque deux ans, Alice et Maxi produisent un podcast tous les mois, abordant de manière simple et pertinente un grand nombre de sujet : l’antiféminisme, la masculinité, les cheveux afros, la culture du viol, les règles, le slutshaming, etc.

On vous conseille l’épisode 6 sur les cheveux afros et la beauté au naturel avec l’exemple d’Alicia Keys, l’épisode 13 sur la récupération du féminisme par le capitalisme, et l’épisode 16 sur la situation des femmes en politique en Allemagne.

 

Validisme

 

Vivre.fm

“Vivre FM 93.9 est la radio des personnes atteintes par un handicap moteur (paraplégie, tétraplégie, hémiplégie) , un handicap sensoriel (aveugles, malvoyants, sourds, malentendants), un handicap psychique (dépression, bipolarité, schizophrénie, …), un handicap mental ou une déficience intellectuelle (trisomie 21, …), un trouble du langage et de l’apprentissage (dyslexie, dysphasie, dyscalculie, dyspraxie), un trouble envahissant du développement (autisme), une maladie neurodégénérative (Alzheimer, Parkinson, sclérose en plaques, SLA), une ALD maladie chronique et/ou génétique (mucoviscidose, épilepsie, myopathie, diabète, SLA, cancer, Sida, DMLA, polyarthrite rhumatoïde), un polyhandicap ou une dépendance liée à l’âge.”

On a écouté des épisodes de l’émission qui s’appelle Le grand témoin – Bien dans sa tête, par exemple cet épisode « être Dys et vivre avec », un épisode avec Christophe Cauché, qui dit de lui-même : « Je suis dyslexique, dysorthographique, dysphasique, dysgraphique, dyspraxique. Cela fait beaucoup de choses pour une seule personne mais j’aurais pu aussi être dyscalculique… », et cet épisode Quelle scolarité pour les jeunes avec un TDAH ?.

Vivre.fm produit également un journal quotidien du handicap.

Update : Merci à et à Elisa ROJAS du Clhee de nous avoir signalé que cette radio parle certes de handicap, mais n’est pas vraiment militante ni anti-validiste.  Certains podcasts peuvent permettre aux personnes valides de comprendre certains aspects de la vie des personnes non valides, et d’écouter des personnes concernées parler, mais elle n’est pas militante dans son contenu ou son positionnement.

 

Mangez moi

“Pour Caroline, la nourriture, c’est compliqué. Manger lui procure un mélange de peur et de plaisir, d’angoisse et d’apaisement. Comme une toxico, elle alterne boulimie et privation, sport et orgie de gras. Elle raconte sans rien cacher sa semaine de désordre alimentaire. Un document coup de poing, superbement écrit et mis en sons, qui lève un pan du voile sur les problèmes de boulimie, d’anorexie, de rapport à la nourriture.”

Nous mettons un énorme trigger warning sur ce podcast. Il peut être vraiment bouleversant pour les personnes ayant des troubles alimentaires, même pour celles qui sont en rémission. Nous le conseillons donc principalement aux gens qui n’ont pas et n’ont jamais eu de troubles alimentaires, pour avoir une idée de ce à quoi cela peut ressembler que d’en avoir.

 

Troubles alimentaires : quand la tête se fâche avec le ventre

“Qu’est-ce qu’on appelle “trouble du comportement alimentaire” ? Comment naissent ces troubles ? Comment les diagnostiquer ? Existe-t-il des traitements efficaces ?

Pendant des années, les îles Fidji n’ont pas eu la télévision. L’arrivée du petit écran, entre autres conséquences, a provoqué une hausse sensible du nombre de cas de troubles alimentaires. Dictature de l’image, éloge de la maigreur… les troubles du comportement alimentaire, les TCA touchent entre 3 à 4 % des adolescents dans les pays occidentaux… dans 90 %, il s’agit de jeunes filles. Avec un taux de mortalité aux alentours de 10 % pour l’anorexie mentale, il s’agit de la maladie psychiatrique la plus mortelle. Malgré cela, les pouvoirs publics ont encore du mal à prendre des mesures fortes pour en limiter les effets dévastateurs.”

Bien que dans la description de l’émission, le lien entre la société et les troubles alimentaires soit beaucoup mis en avant, l’émission en elle même fait moins le lien, et parle bien du fait que ce n’est pas l’unique facteur. Il n’y a pas de concerné.e.s qui interviennent dans l’émission, seulement des professionnel.le.s de santé.

 

Intégrer les personnes en situation de handicap coûte-t-il si cher ?

“La loi 2005 sur le handicap a constitué une avancée formidable pour toutes les personnes en situation de handicap, notamment en termes d’accessibilité. Seulement, une décennie plus tard, commerces de proximité, écoles, mairies, chaînes d’hôtellerie et commerces restent des endroits peu adaptés lorsque l’on est en situation de handicap. Mais pourquoi cela prend tant de temps ? Dans cet épisode, Etienne Tabbagh a souhaité répondre à cette question en allant voir Elisa Rojas, avocate à Paris, utilisatrice d’un fauteuil roulant, et co-fondatrice du collectif CLHEE, (Comité Lutte Handicap pour l’Egalité et l’Emancipation), un collectif de militants et d’activistes concernés par le handicap a pour but de se saisir de toutes les questions qui les concernent en tant que personnes handicapées. Il est également allé voir Philippe Monmarché, utilisateur d’un fauteuil roulant et patron d’un cabinet de conseils et d’accompagnement pour tous travaux de mise en accessibilité.“

Un podcast qui donne la parole à des personnes concernées. Il ne faut pas se fier au titre, qui est un constat sur ce qu’une grande partie de la population pense, mais ne reflète pas les points de vues développés dans le podcast, qui s’attache à démonter les préjugés et a priori.

 

En anglais

The darkplace

Un espace dans lequel les gens parlent de leurs difficultés, de leurs souvenirs traumatiques, et du fait de vivre avec une maladie mentale. Il y est question de dépression, d’anxiété, d’abus, de traumatismes.

Certains épisodes auraient besoin de trigger warning, car ils abordent des thèmes comme le suicide, la dépression, les troubles alimentaires, la mutilation ou les abus sexuels. On a bien aimé l’épisode 10, consacré à Katie, qui parle de la manière dont ses succès cachaient sa dépression, et de son admission volontaire en soins psychiatriques (TW : mutilations).